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J'écris mon récit

Préambule

 

A. Cadrage

 

1. Définition des objectifs : l’esquisse

2. Recherche préliminaire de données

3. Élaboration de la trame narrative

4. Validation de l’approche

 

B. Au cœur de la rédaction

 

1. Recherche approfondie

2. Passage des données scientifiques au récit

3. Intégration des sources

4. Ajustements et améliorations continues

5. Établir une jauge de confiance

 

C. Corrections et révisions finales

 

1. Première version

2. Relectures, derniers correctifs

3. Version finale et publication

J'écris mon récit

Qui sommes-nous ?

BL évolution, société coopérative de conseil en transition écologique, apporte méthode et outils aux entreprises et territoires pour engager et renforcer leur transition écologique. Au contact des acteurs publics et privés, nous les conseillons sur leur adaptation face aux impacts climatiques et nous identifions la difficulté à percevoir l’ampleur du risque d’un monde à +2°C comme un risque majeur pouvant conduire à des mal-adaptations. Pour faire avancer le débat public sur ces sujets et éclairer les décideurs, BL évolution produit également du contenu de façon indépendante. 

Préambule

Cette méthodologie s’adresse à toute personne ou organisation désireuse de concevoir des récits prospectifs. Développée en 2023 pour élaborer 6 récits de vie dans une France à +2°C de réchauffement climatique mondial (lafrancea2degres.fr), la diffusion de cette méthodologie vise à rendre réplicable la démarche, pour élaborer de nouveaux récits dans des situations ou dans des territoires donnés. Elle peut aussi être utilisée pour d’autres contextes climatiques (+3°C de réchauffement mondial, +4°C en France…) dans la mesure où les scénarios climatiques existants explorent ces possibilités.

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La création de récits n’est pas une démarche fondamentalement linéaire, bien que nous la présentons ainsi pour en faciliter la compréhension. Une démarche itérative va naturellement se faire, que ce soit pour intégrer de nouvelles données ou connaissances récemment découvertes, ou pour enrichir le récit en matière de contenu narratif (ajout de péripéties afin de mieux illustrer les impacts des dérèglements climatiques par exemple).

A. Cadrage

1. Définition des objectifs : l’esquisse

Méthodologie

  • Identification du thème principal :  Cette phase constitue une première ébauche pour cadrer le projet. La définition précise du thème, du lieu, de la temporalité et des personnages se développera au fil des étapes suivantes. Néanmoins, avant de se lancer dans ce projet, il est important de se questionner sur les bases : identifier la zone géographique du récit et les aléas climatiques ainsi que les enjeux à aborder. La temporalité du récit peut être aussi questionnée à ce moment : le récit explore-t-il 1 heure, une journée ou plusieurs jours, mois, saisons ? Une exploration initiale de l’environnement futur, prenant en compte les tendances sociales, technologiques et écologiques, est recommandée. Il est possible de choisir une crise climatique récente et d’envisager une manière potentielle d’en vivre une autre plus intense, ou bien d’explorer une crise non vécue par le groupe qui élabore le récit.

Les questions à se poser

  • Quel objectif souhaite-t-on atteindre avec ce récit ? Quels messages essentiels veut-on transmettre ?
  • Quels événements ou impacts climatiques extrêmes méritent d’être abordés ?
  • Quels aspects sont particulièrement significatifs à mettre en avant dans le récit ? Quels secteurs économiques ou activités (agriculture, tourisme, mobilité, etc.) ou ressources (ressources physiques comme l’eau, les sols, l’énergie… ou non-physiques : connaissances, ressources financières…) méritent une exploration approfondie ?
  • Le périmètre du récit est-il celui d’une organisation ou d’un territoire existant ?
  • À qui s’adresse-t-on avec ce récit ?
Tout au long de cette méthodologie, des encadrés illustrent nos propos avec un exemple concret.
En prenant l’exemple d’une collectivité qui souhaite rédiger un récit sur les effets du changement climatique sur l’agriculture de son territoire : à ce stade, vous avez décidé que le récit se situe dans un territoire plutôt rural, caractérisé par des cultures céréalières et confronté à des périodes de sécheresse. C’est un important sujet de préoccupation. Votre objectif est de mobiliser les acteurs agricoles et les élus, ainsi que les citoyens, pour faire prendre conscience des problématiques liées à la préservation de la ressource en eau.
2. Recherche préliminaire de données

Méthodologie

  • Cartographier les données existantes : une première recherche de données scientifiques, d’articles académiques ou de rapports institutionnels récents va permettre d’obtenir une vue d’ensemble des connaissances disponibles à la fois sur les enjeux clefs du territoire et les aléas climatiques. L’idée, ici, n’est pas encore de les traiter en profondeur, mais d’évaluer le niveau de connaissance disponible et d’en faire une rapide cartographie pour facilement retrouver les informations par la suite.
  • Identifier des personnes ressources : identifier et mobiliser des personnes expertes ou spécialisées, au sein de l’équipe du projet ou de votre organisation, ou externes (climatologues locaux, personnes qui vivent déjà en première ligne des crises climatiques, personnes en charge de la gestion des risques…). Vous pouvez là aussi cartographier ces personnes ressources internes et externes et les solliciter au fil de l’eau en fonction des besoins – par exemple pour compléter les informations recueillies ou pour affiner les premiers traits de votre récit.
  • Choisir un scénario et un horizon temporel : afin que les données du récit aient le même référentiel, il sera nécessaire de choisir un scénario et un horizon temporel (par exemple, pour les récits de la France à +2°C, nous avons choisi le scénario RCP4.5 du GIEC, pour un horizon temporel autour de 2041-2070).

Les questions à se poser

  • Est-ce qu’un GREC[1], un observatoire local, ou une université existent sur mon territoire ? Ai-je assez de d’informations pour étoffer mon récit scientifiquement (sur la thématique ou sur les aléas climatiques) ?
  • Y a-t-il des personnes au sein de mon organisation qui pourraient m’aider à identifier les données existantes et à les comprendre ? Sinon, vers qui puis-je me tourner ?
  • Dispose-t-on de données précises pour le scénario de réchauffement ciblé et pour la/les crises climatiques à explorer ? (par exemple : évolution des précipitations pour un réchauffement moyen mondial de +2°C en 2100)

Point de vigilance

+2°C, +3°C, +4°C… En général, ces chiffres font référence à l’élévation de la température moyenne mondiale en surface depuis l’ère préindustrielle. Toutefois, il est important de vérifier que l’article ou la ressource en question utilise les mêmes références que le récit. En effet, certains scénarios climatiques se concentrent sur une région spécifique du monde, comme un pays (par exemple, la France), plutôt qu’à l’échelle globale. Or, une augmentation de +4°C en France ne correspond pas nécessairement à une augmentation de +4°C à l’échelle mondiale.

Lors de la lecture d’un article académique, par exemple, il est essentiel de se poser systématiquement les questions suivantes :

  • Quel niveau de réchauffement est utilisé ?
  • … pour quelle région ?
  • … à quelle échéance ?
Exemple de stade d’avancement (dans la suite des encadrés précédents) : à la fin de cette étape, vous avez identifié plusieurs rapports scientifiques sur la région ciblée, qui rendent compte des modèles futurs sur les changements climatiques et/ou des impacts induits : rapports généralistes de Météo France et de l’observatoire local pour le climat, et un rapport spécifique à votre thématique agricole (de l’INRAE[1] par exemple). Vous avez identifié quels scénarios climatiques (RCP, SSP) sont utilisés dans ces rapports. Vous avez également le contact d’un chercheur sur la ressource en eau dans les sols et d’une personne technique qui accompagne les pratiques d’adaptation au changement climatique dans le monde agricole.

[1] INRAE : Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement

NB : si à la fin de cette étape, vous avez constaté un manque important de données ou personnes ressources, il sera peut-être nécessaire de changer de direction sur les thématiques du récits (impacts climatiques, zone géographie ou activités/ressources impactées).

3. Élaboration de la trame narrative

Méthodologie

  • Préciser/confirmer le cadre et le lieu : Il faut désormais aller plus loin et définir précisément où se déroule l’action, en tenant compte des données disponibles, de l’intérêt narratif, et de l’importance des enjeux liés à ce lieu.
  • Créer des personnages, élaborer un fil narratif et des péripéties : À cette étape se dessinent les contours de l’histoire en s’appuyant sur les connaissances disponibles, les évolutions sociétales possibles, les réflexions des personnes ressources sollicitées, croisée avec celles de l’équipe projet. En faisant le lien avec ce qui nous touche et nous anime, il s’agit d’imaginer des personnages attachants et réalistes, ainsi que des péripéties fictives liées aux impacts climatiques. Pour accroître le réalisme du récit, des péripéties secondaires peuvent enrober l’histoire et encourager le transport narratif, facilitant l’identification aux personnages.
  • Ajuster le style narratif : Il est important de choisir le style narratif adapté à notre histoire. Cela peut être un journal de bord, une narration à la première personne, une introspection, ou même une pièce de théâtre.

Les questions à se poser

  • Dans quel cadre précis se déroule l’histoire ? Quel quartier, organisme ou entreprise ? Il n’est pas obligatoire d’être aussi précis, mais cela peut aider à mieux se projeter et décrire où se passe l’histoire, même si le lieu n’est pas explicitement mentionné (le choix de mentionner ou non le lieu est à déterminer en fonction des objectifs visés et de la cible, définis en étape 1).
  • Quels personnages permettent de mieux aborder les enjeux de mon récit ? Quel âge ont-ils ? Quels métiers exercent-ils ? Sont-ils crédibles et peut-on s’identifier à eux ?
  • À quelles péripéties le personnage principal va-t-il faire face ? Si l’on met de côté l’apport d’informations sur le climat, l’histoire reste-t-elle intéressante ? Le but n’est certes pas d’écrire la suite de Dune[1], mais il faut tout de même de tenir les lecteurs et lectrices jusqu’au bout du récit !
  • Au final, y a-t-il suffisamment de matière et d’éléments dans ce récit pour transmettre des émotions ?

[1] Dune est un roman de science-fiction de l’écrivain Frank Herbert, publié aux États-Unis en 1965

Pour poursuivre l’exemple précédent, à ce stade vous avez identifié que le protagoniste serait une agricultrice, et que le lieu serait son exploitation. D’autres personnages apporteront des points de vue diversifiés : un enfant, le maire de la commune et un représentant d’une entreprise, par exemple. Vous avez également identifié les liens entre les personnages et les situations, comment ces personnages se rencontreront au cours de l’histoire.

Les différentes situations climatiques que les personnages vont vivre sont définies : par exemples des fortes pluies puis des périodes de sécheresse. Vous avez déjà plusieurs idées de scènes : par exemple, une scène pourrait se dérouler du point de vue du maire pour montrer la gestion de crise auprès des habitants ; et une autre scène pourrait impliquer un particulier détournant l’eau pour sa consommation personnelle pour aborder les conflits d’usage.

Il sera ensuite essentiel de créer des liens entre ces scènes pour former une narration cohérente. Pour montrer les perspectives de plusieurs personnages, un point de vue omniscient semble le plus pertinent.

4. Validation de l'approche

Méthodologie

Avec l’équipe projet définie, tous ces différents éléments de cadrage sont validés collectivement avant de passer à l’étape suivante.

B. Au cœur de la rédaction
1. Recherche approfondie

Méthodologie

  • Approfondir les sources déjà identifiées en lisant en détail les sources priorisées au sein de la liste établie : en privilégiant celles provenant d’institutions reconnues (comme le GIEC, l’ONERC, l’ADEME, les universités) et celles le plus en accord avec l’histoire à raconter et les activités ou ressources impactées. Il est important de bien noter les informations et chiffres clés, et de rattacher chaque donnée à sa source.
  • S’interroger systématiquement sur les indicateurs et données avancées dans ces articles : Par exemple, parle-t-on de crue centennale ou décennale ? En m³/s ou en hauteur d’eau ? D’ici 2050 ou dans un monde à +4°C ? Selon quels scénarios et quelle méthodologie ? Si ces questions vous semblent complexes, il est judicieux de faire appel aux personnes expertes identifiées.
  • Échanger avec les personnes ressources sur les sujets clés du récit : Leur regard permettra d’identifier de nouvelles données, de mieux cerner les enjeux centraux, et d’accroître la qualité du travail de transmission de connaissance au travers du récit.
 À la fin de cette étape, vous devriez disposer d’une liste d’informations et de données extraites de vos sources, clairement reliées à ces dernières (par exemple, un article académique publié par tels chercheurs à telle date). Vous aurez également une compréhension suffisante de la signification de ces données, incluant la méthode employée, les échéances, et les scénarios considérés. Cela vous permettra, à la fin de votre travail, d’établir une jauge de confiance afin que les lecteurs et lectrices puissent se repérer dans le récit.

Les questions à se poser

  • Ai-je bien les informations nécessaires à la rédaction ? Par exemple, ai-je des informations détaillées sur le type d’aléa qui m’intéresse ?
  • Suis-je capable d’estimer la fiabilité des sources, ainsi que le niveau de certitude et d’incertitude des informations ?
  • Après avoir échangé avec les personnes ressources, est-ce que je me sens confiant pour la suite ?
2. Passage des données scientifiques au récit

Méthodologie

  • Dialogue entre science et fiction : Les données et informations scientifiques doivent être « traduites » sous forme de récit. Il est essentiel de garantir la cohérence et l’authenticité du récit, tout en intégrant des éléments émotionnels pour engager les lecteurs et lectrices. Il ne s’agit pas de copier-coller des données car cela qui pourrait sembler déconnecté de la réalité : par exemple une réplique « Tu te rends compte, il a plu près de 125 mm en 24 heures, c’est 40 % de plus qu’en 1988 ! ») peut être travaillée en se mettant à la place du personnage confronté à un phénomène extrême ou accru et transformée en « Tout le rez-de-chaussée est fichu ! On a eu de l’eau jusqu’au niveau de la table, regarde ! La maison pue l’humidité. De toute ma vie, je n’ai jamais vu ça ! ». Il est intéressant aussi de stimuler les sens des lecteurs (ici, l’odorat).
  • Il est important de veiller à ce que la science ne prédomine pas sur la fiction : le but n’est pas de rédiger un rapport ou un article académique, mais bien une histoire à raconter.
  • S’appuyer sur ses propres expériences et sa propre sensibilité : Le lien entre les souvenirs, les émotions, l’environnement, les proches, etc., du rédacteur ou de la rédactrice peut nourrir le récit et lui apporter de la matière et du réalisme. Le récit doit être rédigé par des êtres humains pour des êtres humains. Il faut passer par les émotions, et donc par notre propre vécu.

Les questions à se poser

  • Les données scientifiques sont-elles correctement traduites ? Leur sens est-il compréhensible et suffisamment vulgarisé ? Sont-elles trop “visibles” et prennent-elle le pas sur l’histoire ?
  • La traduction des données scientifiques s’intègre-t-elle bien dans le reste de mon récit ? La science enrichit-elle le récit, et inversement ?
  • Sur quelles expériences vécues ou entendues puis-je m’appuyer pour enrichir émotionnellement mon passage ? Est-ce que je peux stimuler les sens (description d’odeurs, de paysages, de sensations tactiles, de bruits, etc.) ?

 

Exemple d’illustration du passage entre science et récit :

 

Extrait tiré du récit « Ça sent le sapin », La France à +2°C :

« Selon Météo France et le dernier rapport du GIEC, deuxième groupe, page 1824.

En moyenne montagne, les hivers seront plus doux, avec moins de gel. Par exemple, en France, dans les départements du Doubs et du Jura, certaines communes pourraient voir leur nombre de jours de gel diminuer de plus de 30% d’ici 2050. »

 

« Charlie tend son assiette en souriant. Sa grand-mère s’adosse à sa chaise, l’air songeur.

– C’est vrai qu’on n’a plus eu d’hiver, de vrai hiver, depuis au moins trente ans, se remémore-t-elle. Je me souviens que quand on était gamins, dans les années 1980, on avait parfois du -20, -30 ! Et dix centimètres de neige en plaine ! Un hiver exceptionnellement froid, aujourd’hui, c’était un hiver doux il y a cinquante ans. »

Extrait tiré du récit « Les larmes sèches », La France à +2°C :

« En France, selon Météo France, des records de chaleur dépassant les 43°C ont déjà été atteints en 2023. “Par ailleurs, les bovins et les animaux d’élevage sont particulièrement exposés au stress thermique, qui peut être mesuré avec Temperature Humidity Index… Au-delà de 100 le stress thermique est fatal. Le 18/06/2022, l’indicateur THI a dépassé les 90 dans le sud-ouest de la France. Le stress thermique devrait s’accroître avec le réchauffement climatique, selon Hempel et collègues (2019), et Vitali et collègues. (2015) »

« Je n’ai pas dormi de la nuit, j’avais beaucoup trop chaud malgré le système de refroidissement adiabatique. […] D’ailleurs les nouvelles sont alarmantes : un pic de chaleur sans précédent est annoncé en fin de semaine, avec des pics de températures pouvant monter jusqu’à 48°C. Je jette un œil à l’indice de température-humidité des bovins… il risque de dépasser la barre des 90. […] Apparemment on ne parle même plus d’une canicule habituelle, mais d’une « méga-canicule. »

3. Intégration des sources

Au fur et à mesure que le récit prend forme, il est important de consigner en bas de page les citations et les sources de données, en particulier les références scientifiques, car ces travaux appartiennent à d’autres auteurs ou organismes qui méritent d’être cités. Cette pratique est aussi un gage de rigueur scientifique.

Méthodologie

  • Création de notes de bas de page, voire d’une bibliographie : Les sources seront ajoutées au fur et à mesure de la rédaction du récit. La méthode de citation (bas de page, bibliographie, etc.) reste à la discrétion de l’équipe projet.

Comment procéder ?

  • Description de la donnée scientifique ou contextualisation : Commencez par décrire la donnée ou l’information scientifique si nécessaire, en vous mettant, par exemple, à la place des lecteurs. Est-ce une abréviation ? Un terme courant ?
  • Citation : Ajoutez les différentes sources qui appuient la description, en les numérotant par exemple. Ajoutez par exemple dans l’ordre : Auteur(s), organisme ou structure, année, « Titre de la source, du média, de l’étude », lien vers la source.

Exemple de notation de bas de page :

 

Extrait du récit « Les larmes sèches », La France à +2°C :

« Je jette un œil à l’indice de température-humidité des bovins »48

 

48 : Le THI (Temperature Humidity Index) des bovins est un indicateur permettant de mesurer le stress thermique en prenant en compte la température ambiante et l’humidité relative. Une température élevée combinée avec un certain niveau d’humidité peut mettre en danger les animaux – car la transpiration n’est plus assez efficace pour éliminer la chaleur. Un THI entre 90-99 est considéré comme étant un stress sévère et peut entraîner la mort de l’animal. Au-delà de 100 le stress thermique est fatal. Le 18/06/2022, l’indicateur THI a dépassé les 90 dans le sud-ouest de la France. Le stress thermique devrait s’accroître avec le réchauffement climatique.

  1. Hempel et al. (2019), « Heat stress risk in European dairy cattle husbandry under different climate change scenarios uncertainties and potential impacts », lien ici.
Vitali et al. (2015), « The effect of heat waves on dairy cow mortality », lien ici.
4. Ajustements et améliorations continues

Méthodologie

  • Échanges avec les membres de l’équipe projet : Pendant toute la phase de rédaction, des discussions avec l’équipe projet permettront d’identifier les axes d’amélioration et de résoudre les éventuels points de blocage. Des relectures de passages, des corrections, etc., peuvent être effectuées autant de fois que nécessaire pour garantir la qualité du travail.

Question à se poser

  • Y a-t-il des désaccords au sein de l’équipe vis à vis du récit et, si oui, est-ce nécessaire d’inclure des personnes extérieures au projet pour nous aider à trancher ?
5. Établir une jauge de confiance

Méthodologie

  • Estimer le niveau d’incertitude des sources mobilisées : C’est important que les lecteurs et lectrices puissent distinguer ce qui relève de la fiction et ce qui est basé sur des données scientifiques. De plus, ils doivent pouvoir évaluer la fiabilité de ces données ainsi que leur niveau d’incertitude. Même les meilleures modélisations climatiques comportent des failles. Par exemple, si l’on décrit une canicule extrême qui se situe aux marges de la probabilité (par exemple, 1% de chance que cela se produise en 2080), il est nécessaire que le lecteur en soit informé.
  • Créer une légende / jauge pour faciliter la lecture : pour chaque partie de l’histoire reposant sur un rapport, un article, un modèle, nous conseillons de l’identifier clairement. Le GIEC fonctionne avec des informations entre parenthèses qui permettent de connaître le niveau de confiance (ex : (virtually certain), (medium evidence), (high confidence)…) et le niveau d’accord entre ses membres du GIEC (ex : (high agreement), (low agreement)). De notre côté nous avons opté pour un code couleur, plus simple à lire et moins complexe.

Exemple : Le guide de lecture pour les récits de « La France à +2°C

Jauge de confiance des récits

Les questions à se poser

  • Dispose-t-on d’une version qui semble scientifiquement robuste tout en étant captivante pour son histoire ? Peut-on facilement évaluer le niveau de confiance quant à l’occurrence de tel ou tel événement ?
C. Corrections et révisions finales
1. Première version

Méthodologie

  • Première relecture orthographe, grammaire, ponctuation…. Cette relecture peut aussi permettre de corriger les incohérences et de garantir une lecture fluide.
  • Vérification des sources pour que chaque référence citée dans le récit soit juste et pertinente.
  • Lectures au sein de l’équipe projet pour s’assurer de la cohérence du récit et que les objectifs définis lors du lancement du projet sont atteints.

Une fois arrivé·e ici, vous avez une première version de votre récit !

2. Relecture, derniers correctifs

Méthodologie

  • Lectures par des personnes externes au projet : Proposer une lecture à des personnes externes à l’équipe projet (collègues, experts, entourage personnel…) et variées (vécu, sensibilités…) permettra d’explorer la/les perceptions du récit. Souvent, l’écriture se déroule en vase clos, au sein d’une équipe limitée. Cependant, les émotions suscitées par le récit peuvent varier d’une personne à l’autre. Ainsi, plusieurs lectures, dont certaines peuvent être organisées de façon collective (en cercle restreint) avec observations et recueil des ressentis et questionnements, permettront d’assurer que le récit soit captivant et compris, y compris en termes de robustesse scientifique.
  • Ajustements, réécritures et dernières relectures : Des ajustements et des améliorations peuvent être effectués en fonction ce qui aura été observé ou recueilli, afin d’optimiser l’impact du récit. Ces retours peuvent provenir de personnes expertes ou non expertes, de situations variées. Ils permettent d’évaluer quels messages sont véhiculés par le récit et quelles émotions il suscite. En outre, une lecture par le(s) expert(s) avec qui des entretiens ont été menés, le cas échéant, peut fournir des perspectives précieuses.

 

La phase d’ajustements, de réécritures et de relectures s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue du récit, garantissant ainsi sa qualité et son impact.

Les questions à se poser

  • Le récit a-t-il véhiculé les messages souhaités ? A-t-il suscité les émotions attendues ?
  • Les lecteurs et lectrices ont-ils compris l’intention de notre travail ? Est-ce qu’il leur a permis de mieux comprendre les impacts concrets du changement climatique sur leurs vies et/ou celles d’autrui ?
  • La perception des risques futurs est-elle accrue ?
  • La lecture était-elle fastidieuse, attendue, ou trop « normative » ; ou, à l’inverse, a-t-elle captivée, surpris, transporté ?
3. Version finale et publication

Félicitations, vous êtes arrivé au bout de la construction de votre récit, vous n’avez plus qu’à le partager au plus grand nombre !

Illustrations : Unsplash, Storyset